Autrefois vainqueurs de la Ligue des champions de l'UEFA ensemble, ils sont aujourd'hui à nouveau réunis pour dénicher les meilleurs jeunes talents pour le Borussia Dortmund, les former et les emmener au plus haut niveau : Michael Zorc (56) et Lars Ricken (42). Dans un interview avec le magazine des membres Borussia, le directeur sportif et le coordinateur des jeunes parlent des plus grandes réussites du centre de formation de ces dernières années, sans pour autant vouloir enjoliver le tableau au sujet de l'évolution de la formation des jeunes dans le football allemand. Le BVB a décidé de continuer à optimiser son travail de développement des jeunes. Rien que dans le terrain d'entraînement de Hohenbuschei, situé dans le quartier de Brackel, jusqu'à 20 millions d'euros seront donc investis dans les deux prochaines années. 

Lars, tu a été joueur professionnel, champion et vainqueur de la Ligue des champions. Tu as aujourd'hui 42 ans et tu es depuis longtemps une institution en tant que coordinateur des jeunes ? Que veux-tu atteindre avec le BVB ?

Ricken : Je n'ai jamais suivi un plan de carrière. Pour moi, l'important a toujours été d'être bien enraciné dans son équipe et de travailler au BVB le plus longtemps possible. Ce n'était pas mon projet de grimper dans la hiérarchie en si peu de temps. Ce que j'aime dans mon travail actuel, c'est que je peux aider des gens, y compris les joueurs, en tirant le meilleur d'eux-mêmes sportivement et en les faisant progresser d'un point de vue personnel, mais  également les employés qui travaille pour les équipes. Nous avons entretemps formé 15 personnes dans le centre de formation du BVB (entraîneur, entraîneurs adjoints, préparateur physique, physiothérapeutes), qui occupent aujourd'hui un rôle permanent dans le football professionnel national et international. Sur ce point, j'ai en réalité le job le plus cool du monde ! 

Hans-Joachim Watake t'a prêté un « énorme potentiel » dans le cadre des assemblées de novembre...

Ricken : La question n'est pas toujours seulement de savoir si l'on a confiance en ses capacités. Je suis naturellement ravi si le club pense à moi à l'avenir pour remplir d'autres fonctions. Cela montre que notre travail dans la formation des jeunes est apprécié. 

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Michael, dans quels domaines Lars a le plus progressé au cours des deux dernières décennies ? 

Zorc : Je connais maintenant Lars depuis qu'il est passé en équipe première alors qu'il était écolier au milieu des années 1990. À l'époque, trois attaquants étaient absents avec la déchirure des ligaments croisés de Riedle, Povlsen et Chapuisat. En équipe de jeunes, Lars et Ibrahim Tanko ont donc été appelés en renfort et ont rapidement reçu du temps de jeu dans des matches importants, également sur la scène internationale. Je me souviens encore bien qu'il est reparti en Allemagne dans la nuit après un match de coupe d'Europe avec l'avion des supporters pour passer un examen à Dortmund le matin suivant... 

…et ensuite ?

Zorc : (rit) Il a ensuite soudainement commencé à écouter du Metallica et s'est rasé le crâne. Non, plus sérieusement, Lars a continuellement progressé. D'une part, il est devenu mature en tant qu'homme et père de famille et possède un grand sens des responsabilités. D'autre part, dans son rôle, que je nomme « chef de la section des jeunes », au sens où il a créé les structures importantes du BVB qui nous ont permis de sortir de nombreux talents pour l'équipe première. Ce faisant, lui et son équipe ont également obtenu plusieurs titres ces dernières années, ce qui importe pour les équipes de jeunes. J'adore travailler avec Lars, car nous pouvons discuter des choses de manière objective et structurée. 

Qu'est-ce qui distingue le centre de formation du BVB ? 

Ricken : Je pense que c'est le mélange d'objectif sportifs très ambitieux et d'une ambiance très familiale qui nous distingue. Le Borussia Dortmund fait partie du top dix en Europe et notre voulons former des joueurs qui puissent jouer en Ligue des champions également. Ce faisant, nous ne pardons jamais de vue la notion fondamentale d'une communauté de valeur qui vit dans la cohésion et une atmosphère familiale, et les parents, joueurs et agents peuvent en attester. C'est maintenant au terrain d'entraînement de Hohenbuschei, à Brackel, que bat le cœur de ce club. C'est là que les joueurs de l'équipe première est les jeunes s'entraînent côte à côte. En fin de journée, les U10 regardent les professionnels tirer les penalties. C'est comme cela que les choses doivent fonctionner. 

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D'après toi, quelle est ta mission principale à la tête de cette équipe de plus de 100 personnes ? 

Ricken : Je dois naturellement trouver les bons joueurs et les recruter, mais je dois avant tout choisir les bons collaborateurs. C'est l'alpha et l'oméga !  Au fils des ans, nous avons créé une atmosphère formidable dans une équipe très jeune, renforcée par quelques personnes expérimentées comme, par exemple, Edwin Boekamp (directeur sportif, note de la rédaction) ou Matthias Röben (directeur pédagogique, note de la rédaction). Personne dans l'équipe ne travaille pour son propre compte et personne n'y est pour faire avancer sa carrière. Je suis certain que chacun se sent très bien dans son rôle et travaille pour le club. Cet esprit est vraiment une force ! 

S'agissant des succès sportif récemment obtenus, on peut dire que la mission est accomplie, non ?  

Ricken : Sur les cinq dernières années, nous avons gagné cinq titres sur dix avec les équipes des jeunes du BVB. Je pense que cela n'arrivera plus en Allemagne au niveau junior. 

Zorc : (rit) On peut toujours faire plus, Lars…

Ricken : Ce sera de plus en plus difficile d'être aussi performant. Aujourd'hui, tous les grands clubs allemands réalisent un excellent travail au niveau des jeunes. Le niveau d'exigence est énorme. 

Comment arrives-tu à éviter l'auto-satisfaction ? 

Ricken : Je pense que c'est ce doute permanent qui nous différencie. Que pouvons-nous faire mieux ? Dans quels domaines pouvons-nous apprendre des autres clubs ? Cette triple combinaison d'auto-critique, de travail en communauté avec un grand savoir-faire dans chacun des domaines et d'innovation me tient à cœur. Nous voulons également être pionniers dans le football junior en Allemagne et nous lançons une multitude de projets à cet égard. C'est notre vocation. De plus, nous aimons gagner. Lorsque tu joues une finale U19 dans le Signal Iduna Park devant 35 000 spectateurs, les ambitions viennent naturellement et cela fait partie de notre philosophie de formation. 

Michael, comment te sens-tu lorsque des joueurs percent ailleurs ? 

Zorc : J'élargirais même la question, car nos entraîneurs des U23, qui font également partie du secteur junior du BVB, sont récemment très demandés en Premier League anglaise. David Wagner, Daniel Farke et Jan Siewert sont tous partis en Angleterre ces dernières années. Pour revenir à la question, je pense que c'est un processus naturel. Nous voulons incarner le sport au plus haut niveau avec le Borussia Dortmund. Il faut s'imaginer cela comme une pyramide. Plus on monte, plus le niveau de performance devient exigeant. Tout jeune joueur et tout international junior ne va pas forcément percer au Borussia Dortmund. C'est donc finalement une joie et un gage de qualité pour notre centre lorsque des personnes que nous avons formées obtiennent un rôle important dans d'autres clubs. D'autant plus que nous avons noué des relations autrefois avec beaucoup de clubs au fils des années et que cela profite à notre club, qu'il s'agisse des joueurs, des entraîneurs, des préparateurs physiques ou de physiothérapeutes. 

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Ricken : Nous voyons notre travail sur le très long terme. Ce n'est pas hasard si notre directeur des jeunes Edwin Boekamp, le directeur sportif Wolfgang Springer, le scout principal Heiner Finke et moi en tant que coordinateur des jeunes avons au total plus de 100 années d'expérience au BVB. Lorsque des entraîneurs de notre département rejoignent d'autres clubs, c'est également l'occasion pour nous de continuer à observer leurs progrès au niveau professionnel. C'était par exemple le cas d'Edin Terzic, qui a travaillé à West Ham United sous les ordres de Slaven Bili. Nous n'avons jamais coupé le contact et voilà qu'il est aujourd'hui l'entraîneur adjoint de notre équipe première. 

Zorc : Ou prenons l'exemple de Hannes Wolf, qui était entraîneur des U19 et qui a directement fait le saut au niveau professionnel (au VfB Stuttgart, note de la rédaction). C'est certainement une exception mais cela montre que nous avons un bon flair au niveau du choix des entraîneurs pour les jaunes. Nous tenons toujours à garder le contact, à continuer à suivre ces entraîneurs et à les appeler en cas de besoin. C'est parfois plus utile que d'aller chercher quelqu'un de l'extérieur car nous arrivons beaucoup mieux à évaluer des personnes qui ont l'ADN du BVB par rapport à des personnes externes. Nous connaissons leurs caractères, ce qui minimise nettement les risques. Ce n'est pas par hasard que nous avions envisagé d'intégrer Hannes Wolf dans notre staff des entraîneurs l'été dernier. 

Six produits du club jouent actuellement dans l'équipe première du BVB. Avant le transfert de Nuri Sahin à Brême, ce chiffre était même à sept. Êtes-vous satisfaits de la situation actuelle ? 

Zorc : Oui, même si ce n'est pas le chiffre en tant que tel qui importe pour moi, mais plutôt la qualité individuelle de chaque joueur. Je suis content que nous ayons des joueurs comme Marcel Schmelzer et Mario Götze, qui ont pu vraiment écrire l'histoire du BVB. Avec Jacob Bruun Larsen ou Christian Pulisic, nous avons également de jeunes gars qui pèsent déjà maintenant sur les matches. Christian va certes nous quitter cet été, car son rêve a toujours été la Première League, mais ce sera à des conditions extrêmement favorables. Tu vois que Lars et moi sommes très liés dans notre travail. Lorsqu'il s'agit du recrutement de talents ou d'acquisitions, il est vite question pour les joueurs de 16, 17 ans de rejoindre l'équipe première. Nous nous réunissions ensuite très souvent lors de rendez-vous et nous faisons en sorte de lier les joueurs à nous.  

Depuis l'élimination de l'équipe nationale en Coupe du monde en Russie, l'état de la formation allemande est beaucoup critiqué. Le Süddeutsche Zeitung a écrit : « Trop peu de place à l'épanouissement, presque pas de types de joueurs particuliers, aucune indépendance d'esprit. » Est-ce que l'image sombre qui est dépeinte aujourd'hui est fidèle à la réalité ? 

Ricken : Nous devons évidemment tous nous remettre en question, c'est très clair. Si nous considérons que les équipes nationales représentent la vitrine du football junior allemand, il faut bien se rendre compte que les résultats de ces dernières années, à quelques exceptions près, n'ont pas été glorieux. Cet été, différents championnats d'Europe vont avoir lieu dans différents catégories d'âge et je ne peux pas dire que nous faisons partie des favoris. Je ne pense toutefois pas qu'il ne s'agisse que de cas spéciaux dans la fourchette des 16 à 20 ans, mais qu'il faut examiner la question plus largement. Le problème de notre département des jeunes est aussi évidemment le fait que Michael ait mis en place un scouting si professionnel que... 

Zorc : (rit) …vous n'arrivez plus à suivre, n'est-ce pas ?

Ricken : …non, il ne s'agit pas de cela, mais notre département de souting connaît évidemment tous, mais vraiment tous les jeunes grands espoirs dans le monde. Je suis content que Zorc n'était pas encore directeur. sportif lorsque j'ai rejoint le BVB, sinon il aurait peut-être préféré recruter un Michael Owen en Angleterre, un Patrick Vieira en France ou un Michael Ballack en Allemagne à ma place. 

Zorc : (rit) Mais tu étais hors-concours, Lars.

Ricken : Non, quelqu'un aurait pu avoir cette idée ! Il faut bien s'imaginer que Ballack n'était presque pas connu à l'époque, où il était international U21. Les temps ont changé. 

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Zorc : Mais il n'y a pas que le scouting, Lars. Il y a aussi le fait que nous n'avons pas un joueur du top dans les équipes de jeunes allemandes en ce moment. En Bundesliga, Kai Havertz (Bayern Leverkusen, note de la rédaction) a certainement ce niveau, comme Leroy Sané, qui joue depuis longtemps à Manchester City. Concernant les classes d'âge de 17 à 21 ans, nous sommes tout simplement moins bons qu'il y a quelques années en ce moment par rapport aux autres pays. J'ai malheureusement le sentiment en ce moment que le football allemand se fait rattraper. Ce n'est pas pour rien qu'un joueur comme Callum Hudson-Odoi (Anglais de 18 ans évoluant au FC Chelsea, note de la rédaction) est estimé à environ 40 millions d'euros en Allemagne alors qu'il n'a disputé que trois matches en Premier League. 

L'équipe nationale attend un avant-centre de classe mondiale depuis Miroslav Klose pour ne citer qu'un exemple. Y'a-t-il un problème ?  

Zorc : Je ne limiterais pas l'analyse aux postes. C'est la qualité absolue qui m'importe, peu importe le poste, mais surtout dans le secteur offensif. Au Bayern Munich, Ribery et Robben jouent sur les ailes depuis dix ans et nous avons fait progresser Dembélé, Sancho et Pulisic. Chacun dans le football allemand doit se demander pourquoi nous n'arrivons pas à amener des joueurs allemands à ce niveau. C'est une tâche collective ! 

Ricken : Nous devons effectuer de très nombreux réglages dans ce domaine. Évidemment, il existe, surtout à l'étranger, beaucoup de joueurs qui ont beaucoup de choses à apporter de par leur musculature et leur génétique et possèdent des avantages physiques naturels. Physiquement, ils sont de toute façon plus avancés, mais ils évoluent également, et c'est là que j'en viens au sujet, dans un système scolaire tout à fait différent. Dès l'âge de 15 ans, ils vivent partiellement comme des professionnels. À Dortmund, nos équipes s'entraînent également sept fois par semaine, mais il y a une différence entre s'entraîner individuellement à 8 heures du matin et passer ensuite sept heures à l'école avant de s'entraîner avec l'équipe le soir et pouvoir se concentrer principalement sur le football dès le plus jeune âge, comme c'est le cas en Angleterre. Le système scolaire est aussi une raison pour laquelle beaucoup de nos joueurs sont en retard d'un ou deux ans dans leur développement par rapport aux autres pays. Nous devons donc donner du temps aux joueurs. D'ailleurs, pour éviter toute ambiguïté, nous ne voulons pas changer intégralement notre système scolaire car notre responsabilité sociale à l'égard des jeunes est trop grande, mais nous pensons qu'il y a une marge d'amélioration. 

Allons droit au but : quel faut-il changer sur le court terme ? 

Ricken : Dans notre fonctionnement au quotidien, nous devons faire en sorte sur le court terme que nos U19 puissent s'entraîner dès 16 h 30, et non 18 heures, pour avoir encore le temps de s'entraîner individuellement par la suite, de se faire soigner ou de rencontrer le physiothérapeute. Mais aussi pour que les gars puissent avoir du temps pour eux-mêmes le soir. Nous parlons toujours en Allemagne de développement personnel, mais quand est-ce que cela a lieu ? Les joueurs ont deux jobs : l'école et le football. Ils n'ont rien d'autre. Presque tous les joueurs U19 n'ont jamais été à un concert dans leur vie, tout simplement parce qu'ils n'ont pas le temps. Comme je l'ai dit, il s'agit de changement à court terme. Sur le long terme, le football junior en Allemand doit se poser les questions suivantes : est-ce que les bases dans l'entraînement et le jeu sont correctes ? Les entraîneurs sont-ils bien formés ? faut-il former des groupes beaucoup plus petits pour s'entraîner et jouer (deux contre deux, trois contre trois, quatre contre quatre) ? Devons-nous former des entraîneurs spéciaux pour les enfants qui arrêtent de penser uniquement au prochain résultat ? 

Zorc : Toute question doit maintenant être permise, même celle de savoir si le secteur junior allemand pense peut-être trop aux titres et néglige ainsi le développement individuel des joueurs. En d'autres termes, est-ce que nous laissons tel joueur jouer trop longtemps dans sa classe d'âge pour renforcer le collectif alors qu'il pourrait peut-être déjà passer au niveau supérieur ? Empêchons-nous ainsi une progression meilleure et plus rapide ? Nous devons tout simplement reconnaître que nous trouvons les plus grands talents, au moins pour une part, à l'étranger, et cela ne vaut pas uniquement pour le niveau professionnel. 

Ricken: Je te donne tout à fait raison. L'ambition de gagner des titres fait toutefois partie de notre philosophie. Au BVB, nous voulons avoir les meilleurs joueurs, entraîneurs, physiothérapeutes, préparateurs physiques et kinésithérapeutes ainsi que les meilleurs pédagogues afin d'obtenir les meilleurs résultats, et en fin de compte des titres. Pour atteindre cet objectif, il faut adopter une attitude particulière, surtout parmi les joueurs. Je me souviens encore bien de mes débuts ici. Je limitais les dégâts chaque semaine car certains joueurs avaient passé toute la nuit en boîte avant un match. Lorsque tu as toutefois l'ambition d'être toujours premier et de jouer une finale devant 35 000 spectateurs, tu adoptes un autre comportement. Cependant, si un joueur sort en boîte et compromet ainsi la réussite sportive des autres, cela se règle dans les vestiaires avec les autres. En bref, cela fait des années que je n'ai plus eu ce genre de problème au BVB.  

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Parlons donc plutôt de la formation des jeunes 2.0 en Allemagne. 

Ricken : Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain mais plutôt optimiser certaines choses. Le gage de qualité de notre centre formation était par exemple que le BVB excelle dans l'art de trouver des solutions créatives dans le dernier tiers du terrain. C'est une partie tout à fait décisive et volontairement choisie de notre philosophie de formation car les 81 000 spectateurs du Signal Iduna Park veulent voir des buts, des combinaisons, du football offensif. Les inspecteurs de la DFB étaient impressionnés par le fait que nous arrivons à trouver des solutions créatives dans des petits espaces et sous la pression du temps et de l'adversaire. Nous allons continuer à améliorer cela. Et vu que nous en sommes au sujet : le développement des attaquants a toujours été important pour nous. Daniel Ginczek et Marvin Ducksch jouent en Bundesliga (Wolfsburg ou Düsseldorf, note de la rédaction), Jan Serra (Kiel, note de la rédaction) progresse bien en ce moment après avoir subi de graves blessures. Mais pour être honnête, si tu dois t'imposer face à un Lewandowski, un Barrios ou un Aubameyang, cela devint problématique pour presque chaque talent. 

Lars vient de dire que certains talents allemands ont un retard d'un ou deux ans par rapport à des joueurs étrangers du même âge. Dans quelle mesure les clubs allemands se tirent une balle dans le pied en négligeant leurs équipes U23 ? 

Zorc : Chaque club doit décider pour lui-même. Je pense que négliger une équipe U23 est une grave erreur, car nous avons besoin de cette plateforme pour plein de domaines, y compris pour les joueurs dont la progression est plus tardive que d'autres. Nous nous privons d'une chance de former des futurs joueurs internationaux et de Bundesliga ! ! Sans les U23, tu dois dire aux joueurs après les U19 : « Terminus. C'est fini ! » En effet, peut-être que ce n'est pas suffisant pour aller en équipe première et ils ne peuvent plus jouer en équipe de jeunes. Mais peut-on en juger de manière définitive aussi tôt ? Je réponds : non !

Dans les deux prochains années, 15 à 20 millions seront investis dans le terrain d'entraînement du BVB, en particulier dans l'infrastructure du secteur junior. C'est une somme énorme. Quel est le but de ces projets ? 

Zorc : Il est absolument nécessaire que nous continuions à améliorer constamment les infrastructures. Le but prioritaire n'est pas de jouer un rôle de pionnier. Nous pensons tout simplement que d'autres clubs ont beaucoup investi dans leurs centres de formation ces dernière minutes et ont parfois de l'avance sur nous. Nous devons et nous allons maintenant réagir pour continuer à fournir à nos équipes de jeunes des conditions idéales. Nous allons nous y mettre dès ce printemps... 

Zorc : Cela signifie : des distances plus courtes, des effets de synergie, plus d'espace, des échanges encore plus intenses. Nous pourrons tout simplement y travailler de manière plus professionnelle. 

Qu'apportent concrètement les travaux de construction aux jeunes joueurs ? 

Ricken : Nous allons élargir notre maison des jeunes de 22 à 50 chambres. Non pas pour attirer encore plus de talents de l'extérieur, mais plutôt des joueurs de la région, qui n'ont tout simplement plus du tout le temps de se rendre à l'entraînement après l'école et qui pourront être beaucoup mieux encadrés. Dans le style d'un internat en journée. Les joueurs veulent venir chez nous, peut-être se reposer, faire leurs devoirs, avoir des cours particuliers, utiliser le footbonaute pour un entraînement individuel. Dans le cadre des investissements, nous allons construire une cantine pour les joueurs, les parents et les visiteurs. Un nouveau département athlétique va encore nettement améliorer nos possibilités d'entraînement. Nous augmentons le nombre des terrains pour que nos équipes de jeunes puissent aller sur les grands terrains beaucoup plus tôt et disposent surtout d'un grand hall équipé de hauts toits où les joueurs pourront s'exercer aux phases arrêtés. Le moment était venu de nous améliorer et de créer des conditions parfaites. 

En ce qui concerne le centre de formation des jeunes, le BVB doit-il être un exemple ? 

Zorc : Si vous regardez en Angleterre, des centaines de millions y sont investis dans des centres de formation. Nous ne voulons et ne pouvons pas nous permettre ces dépenses. Nous voulons être en pointe dans la formation des jeunes au niveau national et offrir les meilleurs conditions possibles à nos tout grands talents. Nous n'avons pas besoin de 35 terrains de football pour cela. 

Ricken : Au niveau de la formation, le Borussia Dortmund veut être le plus efficace possible et compétitif au plus haut niveau, tout en conservant un esprit familial. L'important n'est pas de savoir combien de terrains, halls ou vestiaires nous avons, mais de savoir, comme je l'ai dit au début : qui y travaille ? Nous voulons accompagner notre concept des meilleurs personnes, d'ambitions, de crédibilité, de chaleur, en un mot, de vie ! Ce que nous ne voulons surtout pas : fonctionner comme une machine ! 

Interview : Sascha Fligge / Photos : Mareen Meyer