Le groupe A de la Ligue des champions de l'UEFA 2018/19 est pour le Borussia Dortmund un rendez-vous avec son histoire. Sur un plan purement sportif, il s'agit d'un groupe équilibré et ambitieux. 

Texte du 30 août 2018

L'Atlético Madrid est au premier regard le plus fort des trois adversaires, avec un coefficient UEFA de 140 points. Seul le tenant du titre et rival éternel du Borussia Dortmund en Ligue des champions, le Real Madrid, occupe un meilleur rang (162 points) dans le classement des 32 participants de la phase de groupes. L'équipe qui a remporté dix fois le championnat espagnol (dernièrement en 2004) et qui a gagné sa place dans la cour des grands sous l'entraîneur Diego Simeone est la championne en titre en Europa League et a également démontré sa force en gagnant la Supercoupe d'Europe contre le Real Madrid. « L'Atlético est une équipe très expérimentée et bien organisée », déclare l'entraîneur du BVB Lucien Favre au sujet du vice-champion d'Espagne, qui a atteint la finale de Ligue des champions en 2014 et 2016 (et qui a subi deux défaites tragiques contre le Real). 

Le Borussia Dortmund garde de bons souvenirs de l'Atlético Madrid. Lors des saisons 1965/66 et 1996/97, la route vers les deux triomphes européens avait croisé celle des Espagnols. Le 2 mars 1966, le BVB devenait le premier club allemand à battre l'Atlético dans une compétition internationale : le 1er mars 1966, un but de Lothar Emmerich offrait la victoire 1-0 (le BVB remportait plus tard la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe contre le FC Liverpool). Le 16 octobre 1966, Stefan Reuter était l'auteur du but victorieux du 1-0 en faveur d'un Borussia privé de nombreux de ses cadres en phase de groupes de la Ligue des champions au stade Vicente Calderon. À la fin de ce parcours, l'équipe allemande fêtait son triomphe en finale de la Ligue des champions 1997 après avoir battu la Juventus 3-1. 

Les confrontations avec l'AS Monaco, vice-champion de France, sont encore dans tous les esprits. Au printemps 2017, le Borussia Dortmund était éliminé en quart de finale de la Ligue des champions de l'UEFA dans des circonstances malheureuses après une attentat contre le bus de l'équipe. Ces septième et huitième défaites face à un adversaire de Ligue 1 (pour 7 victoires et 5 nuls) ne comptent qu'au niveau des statistiques. Malgré la multiplication des départs, avec celui, entre autres, de la future star mondiale Kylian Mbappé, le champion de France 2017 a pu confirmer l'exploit de l'année précédente : les Monégasques ont terminé deuxièmes derrière le PSG. « L'avant-dernière saison, ils ont éliminé Manchester City et n'ont échoué qu'en demi-finale », a souligné Favre. 

Le FC Bruges est le champion en titre de Belgique. Pour la 15ème fois, l'équipe a décroché le titre. Sans en être la cause, le club de la ville de Flandre occidentale qui ne compte que 118 000 habitants est le symbole de la crise financière qu'a traversé le Borussia Dortmund en 2004. Lors de la dernière journée de la saison 2002/2003, le Borussia Dortmund passait à côté du titre de vice-champion après un 1-1 (barre, poteau, manque de chance dans la finition) à la maison contre l'Energie Cottbus et de la qualification directe pour la Ligue des champions, devant ainsi passer par les barrages contre le FC Bruges. Roman Weidenfeller conservait les chances de qualification du club au match aller (1-2) tandis que Marcio Amoroso et Ewerthon arrachaient les prolongations grâce à leurs buts dans un match retour spectaculaire, avant que les deux équipes ne se départagent aux tirs au but, mais André Bergdölmo et Amoroso manquaient leurs tentatives.

« C'est un groupe passionnant et assez équilibré dans l'ensemble », a déclaré Hans-Joachim Watzke. « Nous voulons passer l'hiver en Ligue des champions et nous abordons ces matches contre des équipes solides avec beaucoup d'optimisme ! »

Tous ces adversaires ont leur charme, leur histoire et leurs histoires. Michael Zorc a participé à toutes les rencontres évoquées, en tant que joueur et dirigeant : « Nous avons hâte de démarrer la Ligue des champions ! »
Boris Rupert